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Organisation des élections – L’opposition récuse le ministre de l’Intérieur

L’ouverture des concertations sur le fichier électoral a servi hier à certaines figures de l’opposition de récuser le ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo dans l’organisation des élections. Rewmi, Aj/Pads, Bokk gis gis ou Car Leneen plaident tous pour la mise en place d’un organe indépendant pour s’acquitter de cette tâche.

ADD

Son coup était préparé. Vice-président du parti Rewmi, Déthié Fall va prendre son mal en patience face à la longue liste d’orateurs afin d’asséner ses vérités sur le dialogue autour du fichier électoral. Vêtu d’un grand boubou blanc et bien engoncé dans son fauteuil aux premières loges, aux côtés de Mamadou Diop Decroix (Aj/Pads), Serigne Mbaye Thiam (Ps) et Ousmane Badiane (Ld), le lieutenant de Idrissa Seck n’a qu’une cible : Abdoulaye Daouda Diallo. Alors que les orateurs se levaient pour prononcer leur discours, Déthié Fall croise les pieds. Dans un langage qui frise l’apostrophe, M. Fall plonge d’emblée l’assistance dans l’hilarité. Il est à 3 mètres de Abdoulaye Daouda Diallo. «Je voudrais signifier à M. le ministre que vous nous avez convoqués à 10h alors que vous êtes venu à 10h 30. Ce n’est pas normal», raille-t-il. Visiblement troublé par cette remarque, le ministre de l’Intérieur se réajuste et fixe d’un regard grave le plaignant.

Déthié Fall : «Vous n’êtes pas neutre»
Peu dérangé, le vice-président de Rewmi de poursuivre son réquisitoire : «Vous n’êtes ni indiqué ni apte à organiser des élections. Nous restons toujours sur notre position : vous êtes membre de l’Apr ; donc vous n’êtes pas neutre. Toutes les conditions d’un processus électoral fiable ont abouti à un choix d’une personnalité neutre. En 2000, avec un général de l’Armée (Lamine Cissé) et en 2011, avec un inspecteur général d’Etat (Cheikh Guèye). Par contre, vous êtes membre de l’Apr et maire de Bokké Dialloubé.» Selon M. Fall, le référendum a révélé des «manquements extraordinaires avec plus 180 mille citoyens qui n’ont pas voté». Lors de ce scrutin, rappelle-t-il, «des bureaux de vote fictifs ont été enregistrés à l’étranger allant de 613 à 1 200» et un «nombre d’inscrits supérieur à la population locale» dans certaines zones du Sénégal. Le temps de parole est épuisé. Le maître de cérémonie lui fait signe d’arrêter d’autant que des responsables de la mouvance présidentielle commencent à manifester leur colère dans la salle. Déthié Fall persiste. Abdoulaye Daouda Diallo reste de marbre.

Amsatou Sow Sidibé : «Le référendum n’a été ni transparent ni impartial»
Le ministre de l’Intérieur n’aura pas de répit, car dans la foulée, Amsatou Sow Sidibé est dans la même ligne que Déthié Fall. «Nous avons été traumatisés lors du vote du référendum. Cette expérience nous montre que le vote n’a été ni transparent ni impartial», tempête la présidente du parti Car Leneen dont la voix résonne dans la salle. Comme si elle s’est passée le mot avec le Rewmiste, l’ancien ministre conseiller du chef de l’Etat récuse Abdoulaye Daouda Diallo. «Dans le meilleur des modes, un ministre de l’Intérieur, d’où qu’il vienne, pouvait être organisateur des élections. Mais au Sénégal, à l’heure où nous nous trouvons, ce n’est pas la bonne solution. Il nous faudrait une personnalité indépendante qui puisse nous assurer des élections transparentes et impartiales. Ce que nous avons vu durant le référendum avec des bulletins clairs pour un camp et d’autres qui sont tout à fait sombres, cela ne relève pas de l’impartialité.»

Decroix : «Il est hors de question que ce ministre modère nos travaux»  
A l’image du dialogue national, Abdoulaye Daouda Diallo n’est pas au bout de ses peines. Entouré de ses collaborateurs comme le directeur de la Police nationale, Oumar Maal, et du président de la Cena, Doudou Ndir, le ministre de l’Intérieur recevra d’autres coups. «Pour nous l’opposition, il est hors de question que ces travaux soient modérés par l’actuel ministre de l’Intérieur», crie Mamadou Diop Decroix, secrétaire général d’Aj/Pads et coordonnateur du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr). Il est suivi de Bocar Sadikh Kane, responsable des cadres de la Convergence Bokk gis gis, qui demande à Macky Sall «de ne pas faire moins que Diouf et Wade» qui avaient choisi une «personnalité apolitique dans l’organisation des élections». Les travaux de commission risquent d’être houleux.

Le Quotidien

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