Mankeur Ndiaye : « Les opérations de paix de l’Union africaine constituent des réponses locales à des problèmes mondiaux »

Mankeur Ndiaye

« C’est au moment où l’Union africaine assume plus de responsabilités en matière de paix et de sécurité sur le continent qu’il est préoccupant de constater que l’absence de financement prévisible et durable obère le potentiel de l’institution africaine ». Un constat dressé, vendredi, par le ministre des Affaires étrangères devant le Conseil de sécurité, en sa qualité de chef de la délégation du Sénégal, au cours du débat sur la « Coopération entre l’Onu et l’Union africaine en matière de paix et de sécurité » qu’il a présidé au nom de la présidence sénégalaise du Conseil.

Selon le ministre Mankeur Ndiaye, le président de la République, Macky Sall, est fortement convaincu de l’importance du partenariat stratégique entre les Nations unies et l’Union africaine dans les efforts visant à maintenir la paix et la sécurité en Afrique. C’est pourquoi « le président Sall a tenu à ce que la question du renforcement de ce partenariat soit prioritairement inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité durant la présidence sénégalaise », a rappelé le ministre. Le débat sur la « Coopération entre l’Onu et l’Union Africaine en matière de paix et de sécurité » s’est donc inscrit dans une dynamique d’optimisation du potentiel de cette coopération que le Sénégal a voulu hisser à la hauteur des enjeux actuels. Après le contexte, le ministre Mankeur Ndiaye a fixé les contours de la problématique.

L’une des recommandations communes des différentes revues destinées à rendre plus efficaces les opérations de paix de l’Onu demandait de renforcer la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales, en particulier l’Union africaine. En tant que partenaire stratégique des Nations unies dans le domaine de la paix et de la sécurité, l’Union africaine a démontré sa volonté ainsi que sa capacité d’apporter les premières réponses aux crises qui éclatent sur le continent africain. Le paradoxe étant cependant que « les opérations de paix de l’Union africaine constituent des réponses locales à des problèmes mondiaux », a souligné le ministre.

Dès lors, a-t-il admis, le renforcement du partenariat existant entre l’Onu et l’Ua « devrait assurément permettre à l’Union africaine de se doter d’outils appropriés pour mener une action efficace et concertée dans l’intérêt de tous ».

Autrement dit, l’Organisation des Nations unies doit accompagner davantage les efforts louables de l’Union africaine dans la prise en charge du problème crucial du financement des opérations de paix et celui de l’opérationnalisation de son architecture de paix et de sécurité.

Mankeur Ndiaye l’a assuré : une telle approche semble d’autant plus opportune que l’Union africaine s’est résolument engagée dans cette direction en posant un jalon important dans la voie du règlement de la problématique du financement prévisible, consistant à porter à 25 % sa contribution au coût de ses opérations de paix. Poursuivant son plaidoyer, la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité, par la voix du ministre, a estimé que « ces efforts louables ne doivent pas rester vains.

J’ose espérer que la résolution que nous venons d’adopter ce matin jettera les bases solides d’un règlement définitif de la lancinante question du financement des opérations de paix de l’Union africaine ».

Le ministre s’est dit d’autant plus confiant que « cette résolution salue, à juste raison », les efforts de l’Union africaine visant à porter à 25 % sa contribution au coût de ses opérations de paix.

Pour le Sénégal, « le vote de cette résolution est le signe d’un message de soutien politique fort du Conseil de sécurité adressé à l’endroit de l’Union africaine pour lui faire part de sa disponibilité à l’accompagner dans cette direction ».

Cela ouvre de réelles perspectives pour approfondir la réflexion sur le meilleur moyen d’assurer le financement durable et prévisible des opérations de paix de l’Union africaine.

D. M. F

Fatoumata Mactar Ndi
Désormais, tout ind