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LIBERTÉ DE LA PRESSE AU SÉNÉGAL : le Pays de Macky Sall à la 50e place sur 180


En dépit de la célèbre présomption d’une démocratie stable, le Sénégal a beaucoup à faire en matière de liberté de la presse. Le rapport 2018 de Reporters sans frontières (RSF) laisse perplexe sur la position du pays.

L e Sénégal gagne 8 places au classement mondial de la liberté de la presse 2018 de RSF. C’est déjà ça. Mais sa position globale reste mitigée. 50e mondial sur 180 pays, il est huitième africain derrière des nations comme le Ghana (1er africain, 23e mondial), la Namibie 26e, l’Afrique du Sud 28e, le Cap-Vert 29e, le Burkina Faso 41e, le Botswana 47e, et les Comores 49e.

Si l’Afrique conforte sa troisième place dans le classement des zones géographiques avec un indice global qui s’est légèrement amélioré par rapport à 2017, les situations restent très contrastées sur le continent, où les journalistes sont encore régulièrement victimes d’intimidations, d’agressions ou d’arrestations, note le rapport qui estime que ‘‘le journalisme de terrain est à haut risque en Afrique’’.

Malgré ces huit places de grignotées cette année, le Sénégal a paradoxalement perdu 1,11 point par rapport au classement de 2017. Si la présentation générale sur le pays est plus ou moins clé- mente, RSF trouve que le nouveau Code de la presse n’est pas la meilleure garantie qu’il puisse y avoir pour l’éclosion de la liberté de presse. ‘‘Les médias sont de plus en plus pris en tenailles depuis l’adoption en juin 2017 d’un code de la presse qui ne dépénalise pas les délits de presse et prévoit la saisie des supports de diffusion, la suspension ou la fermeture d’organe de presse en cas d’atteinte à la sécurité de l’Etat’’, note le rapport. Mais lors de son adoption, les principaux concernés avaient fait fi de ces dispositions liberticides et s’étaient plutôt félicités de l’encadrement et de la réglementation concernant l’accès au métier.

L’Europe, pas tranquille.

Le Classement est une liste de 180 pays, établie selon le critère du degré de liberté dont jouissent les journalistes. A l’instar du classement 2017, les deux premières places de l’édition 2018, reviennent à deux pays scandinaves (Norvège et Suède) alors que l’Erythrée 179e et la Corée du Nord 180e ferment la marche.

Mais pour autant, le Vieux continent n’est pas ce havre de paix pour les journalistes. S’il est le continent où la liberté de presse est la plus garantie, les violences verbales des leaders politiques à l’encontre de la presse s’y sont multipliées. Le rapport explique qu’en République Tchèque (34e, -11), le président Milos Zeman s’est présenté, en octobre dernier, à une conférence de presse muni d’une kalachnikov factice sur laquelle était inscrite l’expression “pour les journalistes”.

En Slovaquie (27e, -10), Robert Fico, Premier ministre jusqu’en mars 2018, traitait les journalistes de “sales prostitués anti-slovaques” ou de “simples hyènes idiotes”. Quant au journaliste Jan Kuciak, il a été assassiné en février dans ce pays d’Europe centrale, après la mort de Daphne Caruana Galizia dans l’explosion de sa voiture à Malte (65e, -18), détaille RSF. “La libération de la haine contre les journalistes est l’une des pires menaces pour les démocraties, constate le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire.

Les dirigeants politiques qui alimentent la détestation du journalisme portent une lourde responsabilité, car remettre en cause la vision d’un débat public fondé sur la libre recherche des faits favorise l’avènement d’une société de propagande. Contester aujourd’hui la légitimité du journalisme, c’est jouer avec un feu politique extrêmement dangereux.’’

EnQuete

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