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Grève des étudiants de l’Esp : Les pavillons de la discorde

Les nouveaux pavillons de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Les étudiants de l’Ecole supé- rieure polytechnique de Dakar (Esp) et le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) ne parlent plus le même langage. Les étudiants polytechniciens réclament l’accès au logement pour tous dans des conditions normales.

 

Une revendication qu’ils croyaient satisfaite avec la réception, cette année, de deux pavillons dans leur campus. Mais le Coud ne veut pas en entendre parler et a d’autres desseins pour ces bâtiments.

Selon l’institution, les nouveaux logements sont destinés à tous les étudiants de l’Ucad. Par conséquent, les polytechniciens doivent les partager avec leurs camarades des autres facultés.

Ainsi, depuis près d’un mois, les étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique sont en mouvement. Ils ont décrété une grève depuis le 30 janvier. Et, à ce jour, les cours sont toujours suspendus dans l’école.

Pour alerter l’opinion sur cette affaire, ils ont créé un site web dénommé “coud assassin’’ avec comme credo : “Ne tuez pas le dernier bébé en vie.’’

Le mardi 5 février, les étudiants sont passés à la vitesse supérieure, en décrétant une journée de blocus des services sociaux du Coud dans le campus social de leur école. Mais la manifestation a mal tourné. “Après la suspension du blocus, vers 20 h, 15 individus sont venus au niveau de notre campus pour nous agresser, avec comme justification notre décision de les empêcher d’avoir accès au service médical et aux restaurants du campus de l’Esp. Mais, à travers leur communication, on avait compris que c’est le Coud qui est derrière tout cela.

Les autorités ont essayé de nous monter contre nos camarades’’, affirme Ibrahima Cissé, chargé de communication des étudiants de l’Esp. Ce dernier précise qu’après les altercations, ils ont rencontré les autres amicales des écoles, instituts et des autres facultés de l’Ucad qui ont affirmé qu’ils ne sont pas liés à ces incidents. Les étudiants polytechniciens ont également reçu le soutien de leur administration et du Saes.

Ce syndicat a, d’ailleurs, publié un communiqué pour demander la réunion du comité pédagogique pour discuter sur certains problèmes de l’Ucad dont le cas de l’Esp.

En outre, le porte-parole des étudiants polytechniciens appelle les autorités à se saisir du dossier pour sauver l’image de cette école qui a remporté beaucoup de prix pour le Sénégal. “On appelle toutes les autorités de ce pays à comprendre que ce que les étudiants de l’Esp réclament, c’est quelque chose de normal. Nous ne le faisons pas parce que nous avons des contraintes pédagogiques.

Nous le réclamons parce que nous nous sommes lancés dans une dynamique d’innovations et c’est ce campus qui a permis toutes les réalisations de l’Esp et au Sénégal de gagner des prix à l’international. Nous demandons aux autorités de sauver l’Esp.

De ne pas laisser le Coud, à travers sa gestion irresponsable, tuer cette école qui, depuis 55 ans, forme des élites.

“L’Esp avait 496 lits, l’année dernière ; aujourd’hui, elle a 940 lits’’

En face des étudiants, le Coud reste ferme sur sa position. Ses responsables soutiennent que les revendications des étudiants de l’Esp ne peuvent pas être satisfaites, car cela reviendrait à léser d’autres étudiants.

Selon eux, ces étudiants ont plutôt été favorisés dans le partage des lits. “Le Coud a réceptionné, cette année, six pavillons d’une capacité d’accueil de 4 000 lits qui appartiennent à tous les étudiants de l’Ucad. J’insiste bien, à tous les étudiants’’, renseigne M. Khalifa Diagne, le chef du Département de gestion des cités universitaires et de la vie estudiantine du Coud.

Selon M. Diagne, “pour partager de façon équitable et juste, le meilleur baromètre, c’est la règle de trois. Cependant, si on l’avait appliquée, les étudiants de l’Esp, qui ne font pas 2 % des effectifs de l’Ucad, n’auront même pas 80 lits. C’est parce que nous avons tenu en compte la particularité de cette école que nous lui avons octroyé plus de 11 % de l’accueil total. Ce qui correspond, en valeur absolue, à 444 lits’’, renseigne-t-il.

Avant d’ajouter que “l’Esp, qui avait 496 lits l’année dernière, a bénéficié d’une augmentation de presque 90 %, ce qui fait qu’elle a aujourd’hui 940 lits.

Donc, les étudiants ne peuvent pas dire que leur situation ne s’est pas améliorée. Aucune autre faculté n’a eu une telle augmentation’’.

Ainsi, pour le Coud, les carottes sont déjà cuites. Par conséquent, les étudiants doivent accepter la réalité ou plutôt se plier face à la décision des autorités universitaires. “Le partage a été fait et nous ne pouvons pas léser les autres.

Dans cette affaire, il s’agit de dire la vérité aux étudiants de l’Esp. Ils doivent savoir qu’ils sont dans un environnement et essayer de s’y adapter’’, argue M. Diagne. En outre, le Coud dégage toute responsabilité dans les altercations entre étudiants. Accusé par les polytechniciens d’être derrière ce problème, le Coud s’est voulu caté- gorique.

Les polytechniciens euxmêmes ont provoqué ce problème en violant le principe des services sociaux communs du Coud. Un principe qui autorise tout étudiant de fréquenter tous les restaurants et les services médicaux de son choix.

Or, “les étudiants de l’Esp, avec leur blocus, ont violé ce principe pendant toute une journée, en fermant les portes de leur école aux autres, notamment aux étudiants de la faculté de Droit plus proches de l’Esp qui étaient les grandes victimes de cette journée pendant laquelle l’école polytechnique a été barricadée. En plus, ils ont visité les salles et ont fait sortir tous les étudiants qui n’avaient pas la carte de l’Esp’’, précise M. Diagne, avant de conclure : “C’est eux-mêmes qui se sont mis en mal avec les autres étudiants, en violant ce principe.’’ Par ailleurs, la direction du Coud avise que les logements construits dans le campus de l’Esp sont réservés, pour le moment, aux étudiants de cette école et à ceux des écoles et instituts comme l’Ebad et le Cesti, et de la faculté de Médecine. “Pour l’instant, on a choisi d’y loger que les filles, parce que c’est plus facile à gérer’’.

      EnQuete

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