HomeActualitéEsclavage en Libye : Moussa Touré, Felwin Sarr, Claudi Siar, Alpha Blondy…, tous s’indignent

Esclavage en Libye : Moussa Touré, Felwin Sarr, Claudi Siar, Alpha Blondy…, tous s’indignent


La diffusion d’une vidéo montrant des migrants subsahariens être vendus comme des esclaves en Libye a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux. Plusieurs personnalités africaines, politiques ou du monde de la culture, ont dit leur dégoût et réclament des actions. Du cinéaste Moussa Touré à l’écrivain Felwine Sarr en passant par l’animateur Claudi Siar ou encore l’historienne Penda Mbow, tous sont choqués par cette vidéo tournée en août 2017, quelque part en Libye et sur laquelle on peut voir des subsahariens être vendus aux enchères comme des esclaves à 1 200 dinars libyens – soit l’équivalent de 444.800 cfa. 

Des migrants vendus aux enchères. Cela ne se passe pas dans un film de fiction mais bien en Libye. L’image a fait le tour du monde à travers la toile. Et les décideurs restent insensibles par rapport au sort de ces milliers de jeunes. «Je trouve ça triste. Je vous assure que ça fait des mois et des mois que je n’ai pas dormi. J’ai rencontré un jeune au Mali, il habite à Saint-Louis et il m’a dit qu’il a été fait esclave en Libye. Il m’a dit que c’est sa famille qui a payé une rançon pour le faire venir. Il avait 18 ans ce jeune homme-là», s’est indigné, le réalisateur sénégalais, Moussa Touré, en marge de la conférence de presse sur le festival «Sunu cinéma». Le cinéaste sénégalais n’a pas manqué de dénoncer le silence des dirigeants africains. Il dit : «Ça fait longtemps qu’on les vend. Et personne ne dit rien. On parle d’alternance, on parle d’énergie. Je ne comprends pas. Je parle des Africains en géné- ral, ceux qui nous gouvernement, et personne ne dit rien. Alors que tout le monde sait qu’il y a des Sénégalais qui sont là- bas. Ils peuvent quand même aller les récupérer non!» Il ajoute très en colère : «On ne comprend pas en 2017 qu’il y ait un marché d’esclaves en Libye. Ce n’est pas possible ça. J’étais en train de faire un film sur l’esclavage arabomusulman. Ça commence à changer. Il y aura des images des gens qu’on vend aujourd’hui dans ce film.» Moussa Touré n’est pas le seul à s’indigner après la diffusion de cette vidéo des esclaves africains en Libye. Au Sénégal, l’écrivain Felwine Sarr a également violemment dénoncé le silence des dirigeants africains, sur son compte Face – book. «Il est absolument inacceptable que des jeunes africains soient vendus en Libye sur des marchés d’esclaves en 2017 et qu’aucune réaction de la part des dirigeants des pays d’où viennent ces jeunes ne soit notée», écrit-il. «Macky Sall, Ibrahim Boubacar Keïta, Issou – fou, Kaboré, Condé, Ouattara, etc. doivent faire une déclaration commune, s’indigner au plus haut point, envoyer le message à ces jeunes que leur humanité et leur dignité sont primordiales», a plaidé l’intellectuel, notamment auteur d’Afrotopia. Dans son post repris par jeuneafrique, Felwine Sarr, visiblement en colère, accuse : «Ce n’est pas une question de moyens, mais de priorité. On retiendra que quand une fois de plus, certains on estimé que nos vies ne valaient rien, vous êtes restés cois, inaudibles, inactifs.» Pour Penda Mbow : «Il faut que chaque Etat aillent chercher ses ressortissants.» L’historien – ne et militante appelle l’Union africaine et les chefs d’Etat africains à réagir face à ce qu’elle a qualifié d’inhumain. «Je suis scandalisée, je suis choquée par ces informations qui nous parviennent des grandes chaînes de télévision internationales. On ne peut pas être en plein 21e siècle et avoir à un trafic aussi intense d’esclaves», s’emporte l’intellectuelle sénégalaise. «Il faut absolument que nos gouvernants, que les autorités africaines réagissent à cette situation. Que chaque Etat aille chercher ses propres ressortissants pour les tirer des griffes de ces négriers», a-t-elle déclaré sur les ondes de la radio Rfm. «L’Union Euro – péenne doit débattre de tout cela. Le Sénégal a un leadership reconnu. Le débat sur la race il faut le reprendre, les jeunes ne doivent pas subir ces sévices corporels.» Ailleurs, des voix de différentes personnalités se sont également levées. C’est le cas de Tiken Jah Facoly, Koffi Olomidé, et du célèbre chanteur de reggae, l’Ivoirien Alpha Blondy. Selon Jeune afrique, il a posté une vidéo jeudi soir sur son compte Facebook. «A messieurs les Présidents de l’Union Africaine et à messieurs les Présidents de la Cedeao. Permettez-moi de vous interpeller pour vous dire que nous, peuples Africains qui comptions sur vous pour nous défendre et pour nous protéger, nous sommes surpris et stupé- faits par votre silence devant la situation révoltante, humiliante et inacceptable que vivent vos ressortissants, nos frères, nos sœurs, nos fils et nos filles vendus comme esclaves en Libye (pays membre de l’union Afri – caine)», martèle Alpha Blondy. «Ce cri du cœur n’est pas un appel à la violence», mais il appelle néanmoins a assiéger toutes les ambassades libyennes en Afrique. Le producteur et animateur Claudy Siar a, à son tour, enregistré une vidéo où il ne mâche pas ses mots, partagée plusieurs centaines de milliers de fois sur Facebook. «Moi, le descendant d’esclave, j’ai la haine», a-t-il lancé. Plusieurs blogueurs africains ont aussi dit leur indignation. Et dans le lot, le post du Président du Niger, Mahamadou Issoufou. Il a été le premier dirigeant africain à réagir sur son compte Twitter. «La vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye m’indigne profondément. J’en appelle aux autorités libyennes et aux organisations internationales, afin que tout soit mis en œuvre pour que cesse cette pratique d’un autre âge, que nous croyions à jamais révolue», écrit le Président du Niger. En attendant, l’action collective des gouvernants africains est le message le mieux réclamé par des milliers d’internautes.

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