Développement communautaire : Le Burundi s’inspire du Pudc lancé au Sénégal

Pour lancer un projet similaire au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), le Burundi a envoyé au Sénégal son ministre du Développement communal. Jeanne d’Arc Kagayo est à la tête d’une importante délégation parmi laquelle la Directrice pays du Pnud au Burundi. Elle a été reçue par le Secrétaire d’État en charge du Pudc, Souleymane Jules Diop.  

La réussite du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) fait que beaucoup de pays veulent s’en inspirer. Après le Niger et le Togo, le Burundi s’imprègne de l’expérience de ce programme du gouvernement sénégalais et exécuté par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Le ministre du Développement communal du Burundi, Jeanne D’arc Kagayo, à la tête d’une importante délégation, séjourne actuellement au Sénégal pour voir comment mettre en œuvre un programme similaire dans son pays.  Recevant la délégation, le Secrétaire d’État en charge du Pudc, Souleymane Jules Diop qui a dit la disponibilité du Sénégal à partager son expérience avec le Burundi,  a présenté les grandes lignes et la philosophie de ce programme qui vise, entre autres, une allocation équitable des ressources publiques et à réduire les écarts de développement entre les zones urbaines et rurales. «L’essentiel de nos installations sont au long des côtes et c’est une situation héritée de l’époque coloniale, ce qui donnait plus d’avantages  aux populations qui sont le long des côtes. Cela a causé le travestissement de notre économie avec plus de 60 % de la population qui ne représente que 10 % de l’activité économique.

Le président Macky Sall, qui fait 80.000 kilomètres de tournée et qui a vu la pauvreté du monde rural, a voulu corriger avec le Pudc», a expliqué Souleymane Jule Diop. Un autre volet non moins important, c’est l’allègement des tâches ménagères et l’accès à l’eau pour soutenir les femmes des villages qui vivaient dans des conditions difficiles.

Après deux années de mise en œuvre, le Pudc a permis l’électrification de plus de 400 villages, la réalisation de 3.050 kilomètres de pistes rurales, 238 forages, la distribution de 5.500 équipements post-récoltes, 200 micros et petites entreprises au profit des femmes et des jeunes, entre autres. « Avec ce programme, l’objectif est de sortir 2,8 millions de Sénégalais de la pauvreté et déjà l’accès à l’eau a impacté, en deux ans, la vie de 600.000 ménages », a déclaré M. Diop. Après la première phase de deux ans, le Secrétaire d’État en charge du Pudc a indiqué que l’évaluation sera faite pour la poursuite de cette expérience.

Jeanne d’Arc Kagayo, ministre du développement communal : « Le Pudc, une réponse urgente pour le Burundi »
Après ces explications, le ministre Burundais du Développement communal, Jeanne d’Arc Kagayo, qui a remercié les autorités pour l’accueil chaleureux dans cette mission d’échanges, a soutenu qu’elle est surtout au Sénégal pour profiter de cette expérience.  L’objectif de la mission de la délégation burundaise, dans laquelle il y a aussi la Directrice Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud)  de ce pays, est de lancer prochainement un «programme similaire».

«Le Burundi est un petit pays qui se cherche encore mais qui est aussi sur la lancée du développement local. Nous avions plusieurs questions et incompréhensions en venant ici, mais nous sommes heureux des réponses obtenues. Nous avons beaucoup appris. Nous avons compris qu’en confiant un programme au Pnud, ce n’est pas un recul mais c’est juste pour aller plus vite. Le Pudc est une réponse très urgente pour le Burundi car la plupart de nos villages manquent d’infrastructures socioéconomiques de base. Tous les pays d’Afrique ont un problème de répartition des ressources ; ce que le Pudc corrige au Sénégal», a déclaré Mme Kagayo. Cette dernière est d’avis que son pays peut profiter pleinement de l’exemple du Pudc, avec l’appui du Sénégal et du Pnud, pour relever l’économie rurale car il pleut 9 mois sur 12 au Burundi. «Nous sommes en train de réfléchir, avec l’équipe du Pnud, et nous allons concevoir  un programme adapté au Burundi. Nous avons un enfant qui va naître au Burundi et nous demandons au Sénégal de nous accompagner dans un partenariat Sud-sud. Nous sommes sur un chantier semblable à celui du Pudc et nous sommes très satisfaits de l’apprentissage au Sénégal», a indiqué le ministre du Développement communal du Burundi qui assure qu’ils resteront un élève du Sénégal pour réussir un programme pareil.

 

LeSoleil

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