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Dagana : Les producteurs réclament de bonnes semences


Au deuxième jour de sa tournée, la mission conjointe d’appui de la Banque mondiale et du gouvernement à la mise en œuvre du Ppaao/Waapp 2A a rendu visite à la section de Dagana de l’Interprofession de l’oignon (Ipos), mise en place, il y a sept mois grâce à l’appui du Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndasp), unité de coordination technique et fiduciaire du Programme. La rencontre a eu pour cadre le centre de Ndiaye en présence des acteurs de la filière. Champs, production oignons

Devant la chargée du Programme Ppaao/Waapp à la Banque mondiale (Bm), basée à Dakar, Aïfa Fatimata Ndoye Niane et son équipe, les acteurs de la filière sont revenus sur les opportunités et les contraintes. Les intervenants ont reconnu que l’avènement de l’Ipos a facilité la structuration du secteur. La mise en place de cette initiative a mis fin, selon eux, à une désorganisation de la filière et a fait renaître l’espoir chez eux. « Dans le passé, j’ai vendu le kilogramme d’oignon à 60 FCfa en plein hivernage », se souvient, avec amertume, Gérard Faye, producteur et membre de l’Ipos de Dagana.

Aujourd’hui, les acteurs de la filière ont réussi à collecter des informations fiables sur la quantité de la production, à la sécuriser, à fixer le prix du kilogramme d’oignons grâce à l’interprofession. « Cette organisation interne nous a permis de lever des contraintes et dégager quelques ébauches de solutions », se réjouit le Secrétaire général de l’Ipos de Dagana, Bouthia Ndiaye. Même si les intrants, ajoute Issa Sow, producteur, sont chers, l’Ipos consentit des efforts pour amoindrir les coûts.

Alliance-productive

En dépit de ces avancées significatives, des contraintes demeurent et sont liées à la qualité des semences cédées aux producteurs. « Des fournisseurs nous vendent des semences non certifiées. Personne parmi eux ne peut vous dire les caractéristiques », regrette le président de l’Ipos de Dagana, Mamadou Diop. « Nous sommes à la merci de beaucoup de multiplicateurs de semences ; à la limite, c’est de l’arnaque », se désole Gérard Faye.

Il estime que des semences de qualité requièrent, au moins, deux ans de suivi. « Les semences sont en amont de toute production. Si elles sont de mauvaise qualité, les rendements vont drastiquement baisser et les prévisions faussées », poursuit Bouthia Ndiaye. Le Secrétaire général de l’Ipos de Dagana appelle l’État à mettre fin à l’anarchie notée dans la vente des semences d’oignons avec notamment l’implication de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra). Pour Mamadou Sow, agent de la Saed, la principale difficulté demeure la certification des semences.

A ce propos, Amadou Diallo de l’Isra rappelle que la production de semences de qualité obéit à des normes et requiert un « traitement spécial et approprié » car il faut un centre de conditionnement. Pour l’expert en semences du Ppaao/Waapp, des solutions seront prochainement proposées pour tous ces problèmes.

Outre les difficultés liées aux semences, la commercialisation, les facteurs de production, les comptes d’exploitation, le fonds de commercialisation figurent, entre autres, parmi les contraintes auxquelles sont confrontés les acteurs de la filière.

Pour la commercialisation, le président de l’Ipos de Dagana, Mamadou Diop, estime que les ventes parallèles, l’absence de centre de collecte et de conditionnement ainsi que la contractualisation freinent l’essor du secteur, tout en plaidant pour des aménagements hydro-agricoles au profit des producteurs de la filière oignon. Pour les intrants, il souligne que la quantité mise à leur disposition reste insuffisante en dépit des efforts de l’État. M. Diop a souhaité une baisse du compte d’exploitation (coût de production) qui se situe à 1,7 million de FCfa par producteur de même que leur implication dans la prise de décision.

La chargée du Programme Ppaao/Waapp à la Banque mondiale, Aïfa Fatimata Ndoye Niane, a exprimé sa satisfaction au regard des résultats obtenus grâce à la mise en place de l’Ipos. Elle reste convaincue que « l’organisation de la filière demeure fondamentale pour son développement car il s’agit d’une question de rentabilité ». Pour la commercialisation, elle suggère la création d’une base de données et d’aller vers la contractualisation. « Vous êtes sur la bonne voie pour une alliance-productive », lance-t-elle.

Mme Niane est d’avis que seule cette organisation peut faire avancer la filière et permettre aux producteurs de vivre de leur métier, tout en admettant les contraintes liées à la conservation et au séchage. A son avis, si l’interprofession se renforce; elle pourra trouver des réponses adéquates à tous ces problèmes et devenir un modèle qui inspirera d’autres filières.

LeSoleil

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