Conservation de la nature : Katané, une réserve assoiffée dans le Ferlo

Enclos de Katané dans le Ferlo - Des Oryx

Les oryx se comptent maintenant par centaines dans la réserve de Katané, située dans le département de Ranérou. Sur place, le ministre de l’Environnement s’est rendu compte du travail abattu et des efforts à consentir pour assurer la pérennité du parc.

Après le parc de Dioudj de Saint-Louis, le ministre de l’Environnement et du développement durable était ce mardi à la réserve de Katané, située dans le département de Ranérou.

Une tournée qui entre dans le cadre de sa politique de visite des parcs nationaux du pays. Cette réserve de faune du Ferlo créée en 1970, fait une superficie de 487 mille ha dont seulement 5 mille sont aménagés. Au terme de sa visite avec son équipe et les autorités administratives et politiques, le ministre de l’En­vironnement et du développement durable, Abdou Karim Sall, n’a pas caché sa satisfaction par rapport aux efforts consentis par les agents des parcs nationaux. «Je remercie le Parc national et le conservateur qui travaillent en parfaite collaboration avec les populations. Ils ont consenti des efforts pour préserver et protéger la réserve. On a constaté beaucoup de choses», s’est-il réjoui.

Selon lui, «en 2003, on a introduit 8 oryx qui font aujourd’hui 500 espèces». Cette espèce, qui ne vit qu’à l’état sauvage, n’est présente qu’au Tchad, au Mali et au Niger. Mais des oryx vivant en captivité ont été introduits dans les pays, comme le Maroc et la Tunisie afin de sauver l’espèce en voie d’extinction. En revanche, les gazelles ne se produisent pas de manière souhaitée.

D’après le ministre, «5 espèces de gazelles damas ont été introduites en 2003 dans la réserve. Aujourd’hui, 17 ans après, elles ne font que 10». «Et en 2009, ce sont 25 espèces de gazelles doras qui sont introduites dans la réserve. Aujourd’hui, elles ne font que 15 sujets», regrette le ministre de l’Environnement, qui explique cette situation «par un problème de consanguinité chez cette espèce et la présence des prédateurs».

Il est appuyé par les agents des Eaux et forêts, qui estiment que «les doras qui vivent à l’état sauvage se séparent très tôt de leurs petits, qui deviennent des proies faciles pour les chacals». Mais le plus grand défi est le déficit d’eau dans la réserve de Katané, située au cœur du Ferlo caractérisé par une faible pluviométrie. Parfois, ce sont des bénévoles qui, à dos d’ânes, vont chercher de l’eau à des dizaines de kilomètres pour les abreuver. C’est la tâche quotidienne d’une vieille dame qu’on appelle «mère oryx».

D’ailleurs pour permettre aux visiteurs de voir le troupeau des oryx, la dame les a privés d’eau la veille. Une stratégie payante, car, ils étaient sortis de leur cachette pour se diriger vers l’abreuvoir. En tout cas, le ministre de l’Environnement a promis de régler cet impair en annonçant l’installation de forages aussi bien pour la réserve que pour les populations de Katané. «Le plus urgent, c’est le problème de l’eau», insiste-t-il.

Très prochainement, la réserve pourra accueillir des girafes, des autruches et d’autres espèces de gazelles. «Ces dernières vont passer d’abord dans la réserve de Guembeul pour leur acclimatation avant d’être transportées dans la réserve de Katané», dit M. Sall. Lequel promet aussi de renforcer le dispositif sécuritaire pour sauver la gazelle et compte ainsi prendre des dispositifs pour garantir la préservation de la biodiversité. En plus de sa volonté de sauvegarder des espèces en voie de disparition, le ministre de l’Environnement voudrait faire connaitre la biodiversité aux citoyens. «Le troupeau des oryx, ce sont des espèces qu’on ne voit pas partout. Les populations doivent aller dans des parcs pour les regarder. Nous allons voir comment travailler avec le ministre du Tourisme pour développer ce secteur et protéger les espèces», a-t-il promis.

A travers des pancartes portées par des jeunes de Ranérou, les populations ont exprimé leur volonté de soutenir le projet de reboisement du département frappé par l’avancée de la sécheresse. «Participer à la plantation de 10 mille Ndialambane, assurer le suivi de l’entretien des plantes, sensibiliser pour la préservation des ressources naturelles», pouvait-on lire sur les pancartes tenues par des jeunes. Dans cette localité très enclavée, il se pose aussi le problème de réseau téléphonique que le ministre a promis de régler. Après cette étape, Abdou K. Sall a rejoint la pépinière forestière de Ranérou en laissant derrière lui des populations gonflées d’es­poirs.

  Le Quotidien

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