HomeÀ la uneBilan Macky Sall à Saint Louis – Promesse de l’Etat d’investir 306,7 milliards lors du Conseil des Ministres délocalisés en 2012 : « Des engagements exécutés à 96% dans la vieille ville »

Bilan Macky Sall à Saint Louis – Promesse de l’Etat d’investir 306,7 milliards lors du Conseil des Ministres délocalisés en 2012 : « Des engagements exécutés à 96% dans la vieille ville »

Macky Sall - Accueil, Louga, Saint Louis, Podor, Matam

Le 7 juin 2012, le Conseil des ministres délocalisé à Saint-Louis et présidé par le chef de l’Etat Macky Sall s’était engagé à investir quelque 306,7 milliards de francs Cfa. Aujourd’hui, à terme ou presque du premier mandat du régime, la gouvernance de Saint-Louis fait le bilan. Dans un document du Bureau d’information gouvernementale (Big), l’on indique que «ces engagements ont été exécutés à 96%». C’est à travers des Conseils des ministres délocalisés que le Président Macky Sall avait entamé, en 2012-2013, son mandat. Lors de ces conseils, des milliards ont été promis aux différentes régions qui ont accueilli le gouvernement. Ainsi, la part octroyée à Saint-Louis s’élevait à 306,7 milliards de francs en termes de projets et d’investissements dans la vieille ville.

Avec ce volume d’investissement qui était prévu par le gouvernement, 33 mesures ont été arrêtées dont 23 retenues. Ainsi, 16 sont exécutées, 17 en cours dont 2 abandonnées. Et ces dernières sont le Projet de 10 fermes aquacoles industrielles, et celui de sécurisation du Complexe sportif de Diougop pour reloger les populations sinistrées de la Langue de Barbarie à Gandon. Cet abandon s’explique par le fait que la commune de Saint-Louis n’ait plus d’assiette foncière.
Néanmoins, il faut dire qu’à Saint-Louis l’approche pôle-territoire des politiques publiques voulues par Macky Sall est en marche, si l’on en croit au Bureau d’information gouvernementale. Dans cette région du Nord comme partout ailleurs au Sénégal, des réalisations sont livrées, certaines sont lancées et d’autres en cours. Par exemple, dans le Pap 2 du Pse 2, plus de 500 projets sont retenus pour la région de Saint-Louis. Ceux-ci s’articulent autour des différents secteurs de la vie primaire, secondaire et tertiaire avec notamment les domaines que sont l’agriculture, la pêche, les infrastructures, le tourisme, l’hydraulique, la santé, l’éducation, l’énergie, la jeunesse et l’emploi, le sport. Ainsi, au-delà des engagements du Conseil des ministres délocalisé du 7 juin 2012, la région de Saint-Louis a enregistré d’autres projets et programmes : 130 entièrement réalisés ou en cours d’exécution, 115 disposent de volets financiers pour un total de 370 milliards d’investissement. Les plus en vue concernent les infrastructures pour le désenclavement avec les pistes, les routes et les ponts dans l’Iles à Morphile.

Les chantiers dans la région de Saint-Louis
A ce jour, 6 projets sont réalisés et 7 en cours pour un montant de 170,1 milliards de francs Cfa. Dans le domaine du sport, l’Etat a mis 9 milliards pour la réhabilitation du stade Me Babacar Sèye, et 7 milliards de francs pour la construction d’un Palais des sports au stade Mawade Wade, mais aussi la réhabilitation de la maison de l’Ile pour 791 millions de francs Cfa. Elle sera composée d’un terrain de basket, d’un boulodrome, d’une salle de conférence de 300 places.
A Saint-Louis commune, capitale régionale, l’Etat s’active déjà pour le début des travaux de réhabilitation de l’aérodrome dans le cadre du Programme de réhabilitation des aéroports du Sénégal, lancé hier vendredi, par le président de la République. Mais la situation géographique de la région, avec la vallée, fait de cette contrée un don du fleuve Sénégal, donc à vocation et à fortes potentialités agricoles.

L’agriculture dans la vallée pour l’autosuffisance en riz
Dans le domaine de l’agriculture, quelque 9 milliards de francs Cfa sont investis dans le cadre du Programme d’autosuffisance en riz avec près de 56% des objectifs assignés à la Vallée du fleuve du Sénégal pour nourrir le pays en qualité et en abondance. Au même moment, l’Etat a procédé à la suspension de la Taxe sur la valeur ajoutée (Tva) de l’activité rizicole dans la vallée. Cependant, il faut souligner que l’Etat n’a pas atteint ses objectifs d’autosuffisance en riz.
Par ailleurs, le Pracas (Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise) a contribué à atténuer l’insuffisance du matériel pour les façons culturales, d’irrigation, des équipements de récolte et de battage, en mettant à la disposition des producteurs de la région de Saint-Louis du matériel agricole et des infrastructures : 148 tracteurs (contre 126 en 2012), 48 moissonneuses batteuses (faisant passer le nombre d’unités de 27 unités en 2012 à 75 en 2018 ), 50 batteuses à riz, 27 rizeries, 64 magasins de stockage et 46 tentes bâchées. Avec l’appui de la Coopération indienne, il y a eu dotation en matériels agricoles pour la vallée et une répartition au niveau des bénéficiaires. D’autres parts, le Programme multinational du renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (Driars) participe à l’accroissement durable des productions végétales et animales et à l’amélioration des revenus des petits producteurs.

L’éducation et ses quelques problèmes à Saint-Louis
S’agissant de l’éducation, l’Etat tente de faire des efforts, même s’ils sont à redoubler, car des écoles publiques de la vieille ville menacent ruine du fait de leur vétusté. Dans les établissements comme l’école Cheikh Touré et Ablaye Mbengue Khaly à Guet-Ndar sur la Langue de Barbarie, l’on a assisté à des déplacements de certains potaches vers d’autres écoles pour la bonne et simple raison que des parents refusent de laisser leurs enfants dans des écoles en crise.
A l’Université Gaston Berger (Ugb), même si le problème des bourses est souvent le nerf de guerre entre étudiants et l’Etat, le gouvernement a octroyé aux étudiants de Sanar environ 2 000 lits pour le campus social. A cela s’ajoutent la réhabilitation et le renforcement des équipements des centres d’enseignement technique de la ville à l’instar de la région de Louga.

La santé et le social
Dans le domaine de la santé, le Bureau d’information gouvernementale annonce l’acquisition de scanners et d’ambulances destinés à l’hôpital de Saint-Louis en plus de son autonomisation en oxygène. Il y a aussi l’équipement des Services d’accueil et d’urgence (Sau) de l’hôpital de Saint-Louis, sans oublier la réception des infrastructures et des équipements des structures de base avec les postes de santé, maternités et logements dans la région. Pendant ce temps, la construction de centres de santé et du deuxième hôpital de Saint-Louis est en phase d’étude très avancée.
Aussi, les Bourses de sécurité familiale d’un montant de 596,400 millions de francs sont distribuées aux ayants droit et quelque 73,743 millions de francs Cfa investis dans la Couverture maladie universelle. Et pour l’emploi, 2 milliards de francs Cfa de financements à destination des jeunes et des femmes ont été accordés en plus de l’enveloppement de 2 milliards de la Der dans sa phase 1 du financement des jeunes et des femmes.

L’hydraulique, l’assainissement et l’environnement, trois secteurs clés
Quant à l’hydraulique, l’assainissement et l’environnement, ce sont des secteurs clés dans l’indice de développement humain. Ainsi, même si plusieurs forages ont été réalisés dans le cadre du Pudc pour un montant de 3,432 milliards francs Cfa, le Projet d’assainissement de l’Ile de Saint-Louis pour un coût de 8,175 milliards de francs Cfa attend encore, comme pour celui concernant des stations de pompage des eaux usées, des stations d’épuration, station d’eau pluviale, unité de traitement de boue sauvage qui est à l’état des études techniques. Concernant l’environnement, la brèche est un problème sérieux à ce niveau et le dragage est demandé avec insistance. Comme réponse du gouvernement, on renseigne que les études sont réalisées et 4 milliards mobilisés pour le dragage. D’après le Big, l’Omvs porte également un grand projet de construction de ponts fluviaux et maritimes à Saint-Louis.

Toujours dans le domaine de l’environnement, il y a la cartographie de l’érosion côtière et le Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen) d’un coût de 130 milliards de francs Cfa pour 8 communes dont Saint-Louis, et le Projet intégré des zones humides du Bas du Delta de 60 millions de francs.

Saint-Louis, ancienne capitale de l’Aof (Afrique occidentale française), pour des raisons historiques, est aussi une ville et une région touristique. Classée patrimoine mondial de l’Unesco, elle porte un Programme de rénovation des bâtiments. Il y a également 667 millions de francs pour l’ambitieux Projet fleuve Sénégal «Les chemins des savoirs» avec déjà 40 sites identifiés, des circuits à baliser ainsi que la valorisation et la préservation du patrimoine.

Les efforts du gouvernement dans le domaine de l’énergie
Dans le domaine énergétique, le Big est revenu dans son document sur l’électrification de 6 villages pour un objectif de 10 localités dans le cadre du Pudc (Programme d’urgence de développement communautaire) et l’extension du réseau électrique avec l’installation de kits et lampadaires solaires pour 42 millions de francs Cfa, la centrale de Bokhol, la mini-centrale solaire à Dagana pour un coût de 428 millions de francs Cfa. Malgré ces réalisations dans la ville de Mame Coumba Bang, la Langue de Barbarie est à l’agonie et croupit sous le poids des vagues et houles de mer dangereuses.

 

 

                  ♦  Djiby DEM

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